CAMILLE BERNARD

Camille BERNARD

Née en 1994 à Paris, elle vit et travaille à Pantin. Elle est diplômée de l’Ecole d’art de Glasgow en 2016. 

L’artiste figure dans ses peintures un idéal intellectuel et spirituel où la nature est personnifiée et la cohabitation avec l’humain s’équilibre dans une harmonie sustente et contemplative; harvest/nature, tradition/ritual, nature/community, abundance/necessity pour reprendre les mots de la peintresse. Sont données à voir de nouvelles nourritures terrestres, plus inclusives, moins gérées représentées par ces corps-cocons, ces humains-ventres.

CVWeb

Le sol de nos corps (Le bouquet), huile sur toile, 150cm/130cm, 2020

Le sol de nos corps (Le repas), huile sur toile, 150cm/130cm, 2020

Chœur (Duet), huile sur bois, 20cm/20cm, 2021

Chœur (Crieur), huile sur bois, 20cm/20cm, 2021

Bruisse L’Eau
exposition personnelle, SISSI club
mai 2021

SuperSalon, AaaahhhParisInternationale, Paris
Octobre 2020 © Margot Montigny

Pensées comme une narration prolongée, chaque toile développe un cadre fictionnel autre. Au lever du jour ou au crépuscule, les personnages effectuent des récoltes, cueillent délicatement des fleurs, et élaborent, à la manière d’un ikebana, des formes linéaires et suspendues. Parfois, la composition florale devient abri et source de nourriture. Calfeutré.e.s à l’intérieur, entre douceur et voracité, les personnages enchevêtré.e.s s’alimentent de leur création, communiant avec le ciel, la terre et l’humanité. 

Iels vivent en collectif ; duo, trio, groupes se caressent, s’enlacent, s’embrassent, s’unissent. Malgré l’impression d’apesanteur, leurs morphologies sont solides, lourdes et deviennent, les unes pour les autres, un refuge, un home, sans construction ni bâti. Dans une proportion repensée, où les mains sont aussi impo- santes que les pieds, ces humain.e.s redéveloppent leur apparence mythologique.

Au-delà de la toile, Camille BERNARD construit une peinture élargie, comme un élément d’un univers plus large mis en scène pendant l’exposition. Avec un aspect dramaturgique, elle construit des décors en carton-pâtes, réalise des films, des saynètes où ses personnages s’animent. L’immersion est ainsi joué jusqu’au bout et se déploie sur différents supports, dans le but de « faire semblant » ensemble, d’y croire ensemble. L’artiste crée un monde parallèle, absolu, englobant, et reprend à son compte des éléments ésotériques utilisés pour conditionner le visiteur dans un certain état. Les peintures sont des portes d’entrée dans un récit où prévaut le soin, la tendresse, la rencontre physique et animique.