INES DI FOLCO

INES DI FOLCO

Née en 1993 à Paris, elle vit et travaille à Paris. 
Elle est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieur des Beaux-Arts de Paris en 2018. 

La peinture d’Inès DI FOLCO se construit comme autant de narrations chargées de la puissance des tumultes de l’océan. D’une rive à l’autre, les récits émergent sur la houle, enivrés du scintillement de l’eau et les souvenirs dérivent, mus d’un nouveau sens, d’un nouvel imaginaire.

CV | Web 
Ce que je fais sous la mer
La Reine Veuve

Rêve océanique, huile et pigments sur toile, 210cm/160cm, 2017-2020

Inesita, huile et paillettes sur toile, 2020

P, huile, cuivre et aluminium sur toile, 2020

Maher, huile sur toile, 210cm/140cm, 2015 

Maher, peuplé de souvenirs et de visages est une allégorie de la gestation, de la réparation, imagée par ce corps alité et plâtré. Les personnages nous font faces, trônent tels des présences déifiées. Le regard devient un accès au tréfonds de l’âme, comme au cœur d’eux-mêmes.

Les œuvres d’Inès Di Folco sont empruntes d’empathie, d’une conscience du temps qui passe, d’une « tristesse main dans la main avec la rêverie », pour reprendre ses mots.

CE QUE JE FAIS SOUS LA MER_ INES DI FOLCO_SISSICLUB
CE QUE JE FAIS SOUS LA MER_ INES DI FOLCO_SISSICLUB
CE QUE JE FAIS SOUS LA MER_ INES DI FOLCO_SISSICLUB

Anne Vimeux,
Pour Trois Sœurs

Les toiles flottent,
Libres,
Ancrées dans l’ailleurs
Elles ondulent comme le flot des vagues 
Chargées de la puissance des tumultes de la mer 

Au liseré,
La nature simmisce
Par les racines, elle s’introduit
Herbes sauvages, herbes folles
Les fougères comme des coraux émergent de l’onde bleue prusse

Elle s’infiltre comme l’imaginaire dans les méandres de notre mémoire 
Dans la noirceur, elle révèle son éclat
Puisant sa couleur dans les tréfonds de l’océan
D’une rive à l’autre, les récits émergent sur la houle, enivrés du scintillement de l’eau

Les souvenirs ont dérivé
Ils se sont mus d’un nouveau sens, d’un nouvel imaginaire
Dans l’obscurité du soir allumé au clair de lune, 
Apparaît la douceur du sommeil,
Dans lequel divaguent nos rêves d’enfant, 
D’une terre méconnue, d’un temps inconnu

Nos mères,
Devenues des déesses,
Leur aura perçant la nuit
Elles trônent, toutes puissantes
Maîtresses de cérémonie, elles ont accompli les rituels 
Nous délivrant toute leur force

Inès construit nos propres mythes, nos propres Saintes

Je raconte ce que je n’ai pas vu,

Notre héritage c’est ce qui nous est venu d’une autre rive, par la mer.

CE QUE JE FAIS SOUS LA MER_ INES DI FOLCO_SISSICLUB

Au travers des légendes du monde et des temps, on retrouve G., le héros. Figure polysémique terrassant le mal, il tua le dragon à la forme mystérieuse, qui terrorisait la cité, caché dans l’étang, tapi au fond des marais. 

Ici débarrassé de son heaume, G. laisse apparaître la douceur de son visage et son impassibilité. Dans un soleil noir, on devine l’âpreté du devoir. Ses yeux clos et son aura fleurie. 

Sur sa cuirasse, un cœur d’or irradie:
Symbole de sa bravoure, étendard des courageux
Saint patron des guerriers 

Mar Girgis, le martyr, le témoin, appelle de ses vœux à ne pas plier. Il est fait de larmes de gloire et de fer. G., être fabuleux, brandit de son glaive! 

La lame flamboyer, La Miséricorde, telle la faux de diamant de Persée dans l’eau grise, transperce le cœur de la créature, et la gorgone, médusée, tire la langue.

La Bête ailée, mi-homme mi-animal, Minotaure ou Astérion, ploie devant L’Horus et nargue son ennemi, affronte son compagnon d’une grimace, dans un dernier élan de fierté.

C’est un monstre composite, Crocodile, Serpent, Chimère reptilienne, issu de nos désirs ardents. Il surgit des entrailles de la terre et de la puissance du feu. Le rouge de sa langue et le jupon de la jeune fille puissante, active, déifiée, se lie dans la couleur du sang. 

Elle a délaissé ses attributs d’apparats. Ses bijoux et ses étoffes. Et, les seins découverts, s’est rangée du côté du démon.
Les bras ouverts, elle change le cours de sa destinée.

Alors, la ligne qui sépare le bien du mal traverse le cœur de chaque être.
Et qui est prêt à détruire une partie de son cœur?

Elise Poitevin