5 mars — 6 juin 2020
INÈS DI FOLCO JEMNI
Ce que je fais sous la mer
Texte d'exposition

Ce que je fais sous la mer est la première exposition personnelle d’Inès Di Folco Jemni. Elle y présente un ensemble de toiles libres de sa production récente au sein de sissi club comme autant de narrations flottantes nourries d’un héritage situé et recomposé.

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Les toiles flottent,
Libres,
Ancrées dans l’ailleurs
Elles ondulent comme le flot des vagues
Chargées de la puissance des tumultes de la mer

Au liseré,
La nature s’immisce
Par les racines, elle s’introduit
Herbes sauvages, herbes folles
Les fougères comme des coraux émergent de l’onde bleue prusse

Elle s’infiltre comme l’imaginaire dans les méandres de notre mémoire
Dans la noirceur, elle révèle son éclat
Puisant sa couleur dans les tréfonds de l’océan
D’une rive à l’autre, les récits émergent sur la houle, enivrés du scintillement de l’eau

Anne Vimeux

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Au travers des légendes du monde et des temps,
on retrouve G., le héros. Figure polysémique terrassant
le mal, il tua le dragon à la forme mystérieuse, qui terrorisait la cité, caché dans l’étang, tapi au fond des marais

Ici débarrassé de son heaume, G. laisse apparaître la douceur de son visage et son impassibilité. Dans un soleil noir, on devine l’appreté du devoir. Ses yeux clos et son aura fleurie

Sur sa cuirasse, un cœur d’or iradie : symbole de sa bravoure, étendard des courageux Saint patron des guerriers

Mar Girgis, le martyr, le témoin, appelle de ses vœux à ne pas plier. Il est fait de larmes de gloire et de fer. G., être fabuleux, brandit son glaive !

La lame flamboyée, La Miséricorde, telle la faux de diamant de Persée dans l’eau grise, transperce le cœur de la créature, et la gorgone, médusée, tire la langue

La Bête ailée, mi-homme mi-animal, Minotaure ou Astérion, ploie devant L’Horus et nargue son ennemi, affronte son compagnon d’une grimace, dans un dernier élan de fierté.

C’est un monstre composite, Crocodile, Serpent, Chimère reptilienne, issu de nos désirs ardents. Il Surgit des entrailles de la terre
et de la puissance du feu. Le rouge de sa langue
et le jupon de la jeune fille puissante, active, déifiée,
se lie dans la couleur du sang.

Elle, a délaissé ses attributs d’apparâts. Ses bijoux
et ses etoffes. Et, les seins découverts, s’est rangée du côté du démon. Les bras ouverts, elle change le cours de sa destinée

Alors, la ligne qui sépare le bien du mal traverse le cœur de chaque être. Et qui est prêt à détruire une partie de son cœur ?

Elise Poitevin

Presse