collective matter

COLLECTIVE MATTER

ARTISTES: ASH LOVE, AURÉLIEN POTIER, BASILE GHOSN, CLAUDE EIGAN, JESSY RAZAFIMAMDIMBY, SARAH WOODHOUSE, WILDER ALISON

DATE:
04.07 — 26.04.25

LIEU:
SISSI CLUB, MARSEILLE

GRAPHISME:
MARIE-MAM SAI BELLIER 

collective matter marque l’annonce publique de l’existence d’un lieu de travail partagé, investi depuis un an par Ash Love, Aurélien Potier, Basile Ghosn, Claude Eigan, Jessy Razafimandimby, Sarah Woodhouse et Wilder Alison, au sein de sissi club.

Cette exposition d’atelier met en lumière cet état de cohabitation : une proximité qui engage des échanges, des circulations — de matériaux, ressources, récits, inquiétudes, enthousiasmes — entre artistes, mais aussi avec nous, curatrices et galeristes. Ensemble, iels occupent un “contre-espace” : un lieu de production littéralement contre un espace d’exposition, mais aussi un territoire poreux, traversé par les rythmes, les émotions et les expériences de chacun·x. collective matter présente pour certain·x des œuvres finalisées,
pour d’autres des processus en cours, des gestes nouveaux, définitifs ou transitionnels. Elle rappelle que l’exposition peut être un lieu de vulnérabilité, d’un premier regard, où l’on accueille les œuvres comme des adresses à autrui, des attentions généreuses.

L’espace est découpé par des pans de tissu, évoquant à la fois les matériaux utilisées dans les œuvres et la manière dont chacun·e a structuré son atelier. Une solution plus économique que la cimaise, plus fragile et transparente, qui nous ressemble et répondait, vous l’avez compris, aux enjeux scénographiques et symboliques de cette exposition. Ce geste cite aussi des accrochages que nous avons traversé, aimé, dont nous gardons la mémoire: l’intervention d’Adrien Vescovi dans Sur Pierres Brûlantes, réunissant les artistes des
Ateliers de la Ville de Marseille (Marseille, 2020), le solo de Jessy Razafimandimby Those lies in your eyes (Paris, 2024) à la galerie sans titre ou encore A rather be A-line (Paris, 2022), à Shmorevaz curatée par Persona Curada, qui signait ici-même la précédente collective.

Pensée et organisée de manière organique et intuitive, cette réunion de sept artistes raconte parallèlement une histoire de la galerie et rejoue une cartographie de la scène marseillaise de ces dernières années: une scène en mouvement qui se réinvente et subsiste depuis près d’une décennie. Basile a co-fondé Belsunce Projects, avant de participer à Panthera, atelier puis collective marseillais.e. Aurélien a proposé l’une des premières lectures à sissi club, quelques semaines après son ouverture. Les deux ont été résidents aux Ateliers de la Ville de Marseille. Sarah arrive en 2019, période de création et d’ouverture de nombreux ateliers; une nouvelle effervescence dans laquelle est né le projet. Jessy et Ash se sont installé·es à Marseille à l’été 2024, y trouvant une forme d’accueil immédiat. Claude et Wilder, après avoir vécu, respectivement, à Berlin et New York, ont trouvé en cette ville, et en cette scène, un nouveau point d’ancrage.

Habiter un espace partagé avec des artistes nous a conduit à déplacer nos manières de faire. Il ne s’agit plus seulement d’accompagner la production ou la diffusion d’un travail, mais bien d’en partager les conditions : matérielles, affectives, temporelles. Cette expérience, rendue visible ici, fait humblement écho à ce que Stefano Harney et Fred Moten appellent les sous-communs : des espaces instables, « fugitifs », traversés par une intelligence collective, non-académique qui échappent aux logiques institutionnelles, mais soutiennent d’autres manières de penser, de créer, de vivre. sissi club s’inscrit plus que jamais dans cette perspective. Ainsi, avec collective matter, nous sommes heureuses d’annoncer l’existence de cette nouvelle aventure avec une constellation d’individualités, une communauté animée par le désir et la détermination de continuer d’exister.