ESTEL FONSECA, INES DI FOLCO – MURMURATIONS

MURMURATIONS

ARTISTE: ESTEL FONSECA | INES DI FOLCO
DATE: 24 JUIN 
— 14 AOÛT 2022
LIEU: FRICHE BELLE-DE-MAI, MARSEILLE
GRAPHISME: FRÆME 
IMAGES © MAUD CHAVAILLON 

Les œuvres d’Estel Fonseca et Inès Di Folco ouvrent des espaces salvateurs, reliant médecine et spiritualité. En mettant en exergue la parenté des âmes et des astres, elles révèlent une contiguïté dans l’appréhension des corps et des esprits, qu’ils soient humains ou célestes, charnels ou ectoplasmiques.

Estel Fonseca présente les compositions AXES EPIGENETIQUES et Les Présupposés, dans la continuité de ses terrains d’enquête sur les mutations génétiques, précisément celle qui touche l’Archipel des Açores. Pensées comme une immersion dans « un corps désorganisé d’organes sans corps », et suivant un lexique sculptural de la contamination, les œuvres s’élèvent du sol et traversent les murs. Chacune d’elle fonctionne comme une syntaxe dont les membres s’articulent à l’aide d’un protocole. Leur construction s’appuie sur l’ordre des éléments dans la médecine traditionnelle chinoise ou sur des Plannings, des fiches renseignant des postulats scientifiques considérés comme délétères. Par des combinaisons polysémiques et somatiques, l’artiste cherche à décortiquer ce qui nous compose, et démontre l’enchevêtrement des systèmes qui nous habitent par l’expression d’une émotion enfouie, ici mise à nue.

Les toiles d’Inès Di Folco sont des visions, peuplées de figures et d’icônes, de mythes et de souvenirs, qui se répètent et se répondent. Comme « une tristesse main dans la main avec la rêverie », les peintures abordent les thèmes de la micro-histoire, des archives et des ancêtres. Constellation est une image cyclique du temps où des réminiscences de visages et de paysages percent l’obscurité. Agencées en spirale comme au cœur d’une galaxie, elles rythment l’œuvre et ouvrent des portes vers des mondes et des histoires. Inspirée du film Silvestre de João César Monteiro (1981), une parabole fantasmagorique et sombre dans laquelle une jeune femme se travestit pour partir en guerre et sauver son père, cette toile narre un récit initiatique, à la recherche de sa force intérieure. Maher représente un homme alité, bouleversé, dont le corps meurtri se libère par l’esprit et se relie à l’au-delà. Au crépuscule, des fantômes apparaissent et l’entourent. Par la métaphore de la blessure, du membre plâtré et la présence des spectres, Inès Di Folco dépeint une allégorie de la mémoire des victimes de violences systémiques et policières.