28 — 30 août 2026
JOSHUA MERCHAN RODRIGUEZ
Art-o-rama, Marseille
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Pour sa cinquième participation à Art-o-rama, et sa première au sein du comité de sélection, sissi club est heureuse de présenter « All direction is curved — All motion is spiral » de Joshua Merchan Rodriguez.

À travers son travail, Merchan Rodriguez s’intéresse à ce qu’il appelle des « nœuds » : des points de convergence où s’entrelacent des dimensions historiques, politiques et poétiques, et où s’opèrent des transformations, des déplacements et des manipulations de la matière. En tirant les fils qui composent ces nœuds, il essaie de rendre visibles les complexités et les tensions qui traversent nos relations humaines et inter-espèces.

Le titre de l’exposition est emprunté à Walter Russell(1871-1963), peintre et sculpteur, ami de Nikola Tesla, qui avait élaboré toute une cosmogonie fondée sur la courbe et la spirale. Joshua Merchan Rodriguez en retient une manière de penser : celle qui ne distingue pas la donnée scientifique de la croyance, l’exactitude de l’intuition.

Au sein de cette série éponyme, volontairement hétérogène, légèrement disharmonique tout en restant équilibrée, se retrouvent des éléments disparates, témoins des questionnements de l’artiste. La figure de l’ange, telle qu’elle existait avant sa métamorphose en enfant ailé à la Renaissance — un disque, qu’il associe à la représentation de la composition d’un atome. La forme de l’œuf, à la fois fin et commencement d’un corps : une mandorle, élément fondamentalement mystique et spirituel. Des schémas new age de sortie de corps, de transe, de modification d’état, qui ressemblent aux représentations astronomiques du big bang, du cosmos.

Trouvées au hasard d’errances en ligne, extraites d’encyclopédies, d’enluminures, d’archives sans auteur·ice identifié·e, ou captées par l’artiste lui-même à la caméra thermique, ces images sont gravées ou imprimées sur des plaques de plastique coloré ramené du Mexique. Tranchées, les couches de plastique révèlent un arc-en-ciel — pétrole fait de fossiles redevenu spectre chromatique.

Panmetallism reprend, au centre du stand, le laboratoire que l’artiste a construit lors de sa résidence à Ojalá. Des bacs de plastique polypropylène jaunis par le soleil, translucide, empilés, contiennent un bain de sulfate de cuivre où trempent des objets de récupération recouverts de peinture graphite pour les rendre conducteurs. Reliés par du fil de cuivre à des oiseaux montés en gardien·nes au-dessus du dispositif, ils s’oxydent à des vitesses différentes selon leur matière, se recouvrant d’un dépôt bleu-vert : autant de petites horloges qui mesurent le temps par la transformation plutôt que par le chiffre. Le cuivre, l’un des rares métaux que l’on trouve à l’état natif et parmi les premiers utilisés par l’humanité, devient ici un principe actif.

De l’astronomie à l’alchimie, de la figure de l’ange à celle du savant, Joshua Merchan Rodriguez ne hiérarchise pas les savoirs : il les fait dialoguer dans un même rectangle de matière, où exactitude scientifique et croyance populaire produisent ensemble de nouveaux récits.

Presse