LENA GAYAUD
ALEXANDRE LAZO
REMY BOURAKBA
JULIETTE COUTAUDIER
LOLA CUALLADO
EMIL DAVID
ALEXIS LIGER









First Sight est l’exposition inaugurale de sissi club. Elle réunit le travail de huit artistes des Beaux-Arts de Marseille. Les œuvres de Neïla Czermak Ichti, Léna Gayaud et Alexandre Lazo-Guillemette, par leurs médiums, leurs techniques ou leurs figurations, renvoie au sens premier de « pop », au populaire. En s’intéressant à des formes de création perçues comme mineures, iels invitent à reconsidérer les hiérarchies de classe, de savoir, de culture et de genre. Du craft au witchcraft, iels réévaluent le travail de la main, la transmission des savoir-faire, la perpétuation des traditions dans la sphère intime de la famille. Revendiquer l’importance de ce qui passe généralement au second plan, c’est affirmer une constante dualité, un rapport de force social. Affirmer une dichotomie du beau, c’est refuser une homogénéisation par le « haut ». De la charpente à la potion, iels exposent ici au premier plan, ce qui se construit habituellement à l’abri des regards.
Dans un jeu à la fois complice et critique avec le réel, les œuvres de Lola Cullado, Rémy Bourakba et Juliette Coutaudier compilent des images prosaïques du quotidien utilisées comme source première de leur création. Shows télévisuels, photographies anecdotiques, informations virales, ou encore vidéos pornographiques sont détournés de leur sens initial par des atours candides, des cadrages épisodiques, ou des opérations de fragmentation. Leurs œuvres figuratives flirtent, parfois, avec l’abstraction et soulignent les aspects absurdes et insolites de la représentation.
Des immeubles s’effondrent et des colonnes s’érigent. Les œuvres d’ Emil David et Alexis Liger ont pour sujet commun les ruines et vestiges, stigmates d’un monde en sénescence. Sombres et mélancoliques, celles-ci se font les témoins d’un nouveau mal du siècle, flirtent avec la pensée romantique et sacrifient une certaine idée du progrès dans les arts. Par recyclage d’éléments visuels et à partir d’une iconographie 2.0, ils prennent part à l’invention d’une nouvelle esthétique où le déchet, le rebut sont mis en avant comme les symboles de notre époque dans une projection eschatologique.






















